Les dangers de l’informatique

J’ai récemment remis la main sur un billet d’humeur que j’avais écrit fin octobre 2003, peu de temps après avoir quitté l’informatique et quelques mois après avoir pris conscience que la vie n’était pas derrière un écran (qu’il soit une TV ou d’ordinateur). Je vous le livre tel quel, tel que je l’ai écrit ce jour là. Brut, jamais publié jusqu’à ce jour et sans aucune transformation.

Il a été écrit quelques mois après avoir commencé à me remettre en question et après avoir commencé à affronté la vraie vie.

Peut-être cela vous fera t’il bondir, peut-être cela vous fera t’il réfléchir, peut-être critiques il y aura. En tout cas, il mérite réflexion et approfondissement. Le voici :

Les dangers de l’informatique

Je ne vais pas vous parler du danger de la surinformatisation, et encore moins des risques liées à une automatisation sans cesse plus importante. Je ne vais en aucun cas vous parler des conséquences de l’introduction massive de l’informatique dans la vie quotidienne et essentiellement le travail. Et je vais encore moins évoquer la perte de contrôle de l’homme sur ces propres activités du fait même de l’évolution technologique.

L’informatique présente d’autres dangers que ceux évoqués, plus personnels, plus individuels. De par ma propre expérience, c’est une sorte de mise en garde que je compte aborder. L’informatique, tout moyen de communication puisse-t’il être, présente un danger social. Oui, l’informatique peut rapprocher, supprimer la barrière de la distance en matière de communication. Mais non, l’informatique n’est pas un facteur d’amélioration sociale, d’augmentation de la communication. Je ne suis probablement pas le premier à évoquer ce point, mais je souhaite apporter ma pierre à cette réflexion. Simplement apporter mon expérience, ayant frôler le côté pervers. Très certainement fort de sens, ce dernier terme implique une approche raisonnée de l’informatique. Je m’explique !

L’informatique se voit bien souvent comme un outil formidale, pratique et performant. Du fait même de sa conception, de sa capacité de calcul, de son évolutivité, un tel outil est en effet capable de fournir tout type de travail et en quantité, bien plus rapidement que l’homme. Avec l’avènement d’Internet et des dérivées technologiques que sont, par exemple, les portables, l’homme se considère comme entrant de plein pied dans une ère de communication. Il est vrai que ces nouvelles technologies permettent de communiquer à l’autre bout du monde sans se fier des distances. Il est vrai que son, image et texte peuvent traverser la planète en quelques secondes faisant fi des kilomètres. Mais il est vrai aussi que si on peut communiquer par ce biais au bout du monde, on peut aussi le faire à proximité. Et c’est là que le bas blesse !

On commence à toucher à un ordinateur, on se met à l’Internet, pour mieux communiquer paraît-il ! Et bien souvent c’est l’inverse qui se produit. Dans une société en proie à l’agression constante, on cherche à se protéger, voire se cacher. Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’informatique, j’étais timide et plutôt réservé. Rapidement, j’utilisais de plus en plus mon ordinateur, passant des heures à bidouiller, faire tout et rien avec. J’étais alors au lycée. Je ne sortais pas souvent.

Aller vers les autres était peu facile dans la vie de tous les jours : timidité. Alors que discuter avec de parfaits inconnus derrière mon écran d’ordinateur était facile. Je me souviens d’ailleurs d’une discussion sur un chat avec un israëlien, un français et un américain. On s’échangeait nos points de vue, on se taquinait même un peu sans se connaître. Je me souviens également d’un reportage récent. C’était un petit reportage au journal télévisé. On abordait le phénomène  »chat » et son succès auprès des adolescents. Ce qui m’a le plus surpris, choqué, était l’évocation de l’avantage communicatif d’un tel procédé. Le seul reproche de ce procédé était le risque de se voir parler à un déséquilibré sans le savoir. Il semble donc que le  »chat » permet de s’ouvrir aux autres, d’apprendre à aller vers les autres, de gagner confiance, en un mot de vaincre sa timidité. Et là, je dis non, non et non !!! Mensonge, foutaises et conneries qu’une telle idée !

Et je sais de quoi je parle. J’ai perdu cette timidité qui empêche d’aller vers les autres, qui bloque dans les relations avec autrui. Et ce n’est pas grâce à l’ordinateur, à Internet et ses possibilités de communication que j’ai vaincu ce problème. C’est en revanche en le délaissant, en le mettant de côté, en oubliant un peu cet outil, que j’ai réappris à communiquer autrement, plus naturellement. Cela a commencé peu de temps après avoir commencé à travailler dans le domaine informatique. Au bout de quelques semaines, je n’allumai plus, ou peu, mon ordinateur après le travail. Et je commença alors à m’ouvrir à d’autres domaines, à m’intéresser à de nouveaux horizons. Je retrouvai ma curiosité, un peu perdue. Au fur et à mesure que les mois s’écoulaient, je m’éloignai de cet univers.

Une trop grande immersion dans ce domaine entraîne bien souvent le début d’un isolement progressif. L’ordinateur devient une façade protectrice. On n’affronte plus le mal, on s’en éloigne. On le laisse finalement mieux s’ancrer. La timidité n’est pas vaincue mais plus forte. La communication ne gagne pas en importance, mais régresse. On ne communique plus, du moins pas naturellement. Les gestes, les regards, les attitudes n’ont plus d’importance. La communication ne devient plus que des mots. On s’enferme dans un monde… virtuel !

C’est d’ailleurs en travaillant dans le domaine que j’ai mieux pris conscience du malaise, des dangers des nouvelles technologies et de cette nouvelle ère de communication. Par le biais des réseaux informatiques, on en arrivait à communiquer bien plus par voie électronique que par voie orale, même à un collègue situé à quelques mètres, deux bureaux plus loin. C’est ainsi qu’on perd la faculté de communiquer naturellement pour communiquer virtuellement. L’effet pervers de la communication à distance devient la création de nouvelles barrières, celles de la proximité !

Source : http://forum.doctissimo.fr/psychologie/timidite-complexes/dangers-informatique-sujet_153480_1.htm

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~ par contrelapenseedominante sur juin 12, 2009.

Une Réponse to “Les dangers de l’informatique”

  1. Une autre barrière se lève, celle de la frustration du langage, de la parole qui est par définition l’instrument le + important pour rendre notre vie intéressante et exprimer nos émotions ETC….
    De + en + de transactions commerciales se font en un clic, où est le plaisir de faire découvrir à autrui ce que l’on aime ce que l’on voudrait lui faire apprécier?
    Oui les techniques de l’image, des créations de sites, des vidéos
    sont top mais le sourire qui va avec, il est où?
    sans parler de l’accent de la boulangère bigoudène ou du berger savoyard!

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